La stratégie de la prévention retenue pour la population générale s’articule autour de la communication pour le changement de comportement (IEC/CCC), la promotion du dépistage volontaire et l’utilisation des préservatifs.
Dans ce cadre un ensemble d’outils spécifiques ont été produits et distribués, notamment des spots audiovisuels, diffusés à travers les mass-médias (TV/Radio), largement suivis, et par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Ces campagnes de sensibilisation sont axées sur les voies de transmission du VIH et les moyens de prévention. En outre des campagnes ponctuelles, à l’occasion d’événements spéciaux, ont été organisées toujours dans le but de toucher le plus grand nombre de la population mauritanienne. Les festivités de masse au cours des Festivals des villes anciennes, du Festival des villes minières, du Festival de Benichab et des villes similaires, du Festival de Taghalit et autres étaient des opportunités saisies pour la sensibilisation des jeunes en utilisant les supports de communications appropriés.
En 2024, le dépistage du VIH au sein de la PTME et des hôpitaux montre les chiffres suivants :
En 2024, le dépistage des donneurs de sang au CNTS montre les chiffres suivants :
Il s’agit pour rappel des routiers, des pêcheurs, des miniers, des migrants/réfugiés. Ces groupes présentent des prévalences proches de celle de la population générale à l’exception de celle des routiers (1,8% selon l’IBBS 2014), largement supérieure à la moyenne nationale estimée à l’époque à 0,48%.
En 2024, la campagne d’« Intégration des populations en contexte de vulnérabilité dans les programmes de prévention et de soins du VIH/Sida dans le pays » menée dans six Wilaya, à savoir les trois Wilaya de Nouakchott, le Hodh Charghi, Dakhlet Nouadhibou et Tiris Zemmour, a ciblé les migrants (132), les réfugiés (432), les miniers (665) et les routiers (200). Elle a révélé des taux de séropositivité pour les migrants et réfugiés de 0.11 %, de 2.55% chez les miniers et 0,5 % chez les routiers.
La prévention chez ce groupe repose essentiellement sur la sensibilisation, la
distribution des préservatifs et d’autotests, ainsi que sur la diffusion des spots,
véhiculés par les applications téléphoniques (WhatsApp).
Les nouvelles initiatives prises en 2024 en rapport avec la prévention combinée et la
prophylaxie préexposition (PrEP) seront évaluées avant d’être mises à l’échelle. Trois
zones pilotes (Nouakchott, Nouadhibou et Rosso) ont été choisies pour servir des
zones-tests pour la prévention combinée et la PrEP.
La PrEP sera proposée dans les centres d’accueil communautaires, les cliniques
mobiles, les centres de soins publics et s’il y’a lieu dans des centres gérés par les
populations clés elles-mêmes. En 2024, une Plateforme numérique (KP-AGV-MR) à
interface WEB, assortie des nouveaux paramètres a été mise en place pour faciliter le
ciblage et le monitoring de ces groupes de populations.
Les résultats enregistrés en 2024 par les OSC actives dans ce groupe montre les
chiffres ci-après :
Un focus est mis sur la promotion de l’utilisation des préservatifs comme moyen de
prévention du Sida. Un guide de distribution des préservatifs destiné aux relais
communautaires et un autre guide de leur utilisation ont été élaborés et diffusés.
Il est important de signaler que la promotion des préservatifs féminins n’a pas connu
un grand succès.
En 2024, le SENLS, à travers ses partenaires parmi les OSC et les associations des
jeunes et ceux des PVVIH, a distribué 1.671.840 préservatifs masculins comme le
détaille le tableau ci-dessous.
En 2024, un total de 71 625 personnes ont été dépistées. 68 412 ont concerné la
population générale et 1 784 issues des populations clé dont 595 PS, 1089 HSH et
100 détenus. Parmi les groupes passerelles 1429 personnes se sont faites dépistées,
réparties comme suit : 200 routiers, 665 miniers, 132 migrants et 432 réfugiés.
Une campagne de sensibilisation et de dépistages ciblant des groupes de population
en contexte de vulnérabilité (souvent mobiles et marginalisés) a été lancée en 2024.
Lesdits groupes considérés comme les clients potentiels des populations clés
constituent les principaux canaux de transmission du VIH vers la population générale.
Lors de cette campagne 9.131 personnes ont été sensibilisées, dont 2.109 se sont
faites dépistées.
Des spots de sensibilisation sur le Sida sont produits en langues nationales (Hassania,
Pular, Soninké et Wolof), et diffusés tout au long de l’année par la Télévision de
Mauritanie et Radio Mauritanie.
La 36ème édition de la journée mondiale du Sida (JMS) a été célébrée le 1er décembre
2024, et a été l’occasion de mettre en exergue la place des droits humains dans la
lutte contre le Sida. En effet, le thème retenu cette année pour la commémoration de
la JMS « Suivons le chemin des droits – notre santé, nos droits » était un rappel
fort pour mettre en avant les droits à l’information et aux soins.
L’ambition de mettre fin au Sida en 2030 est réalisable avec la mise en place d’un
environnement d’égalité et d’équité, l’implication des communautés et l’élimination des
obstacles, liés aux droits humains, qui limitent les progrès dans la lutte contre le Sida,
en particulier au sein des groupes marginalisés.
Cette célébration a été également l’occasion de rappeler que toute PVVIH doit avoir
accès aux services de santé dont elle a besoin, y compris les services de prévention,
de traitement et de soins, quand et où ces interventions lui sont nécessaires. Protéger
le droit à la santé signifie garantir l’accès aux soins de santé pour tous, sans
discrimination aucune, quel que soit le statut sérologique, les antécédents, le sexe ou
le lieu de résidence. Bien que des progrès aient été accomplis à cet égard, des
problèmes d’accès subsistent toujours.
Il est aussi primordial de lutter contre la stigmatisation et la discrimination si l’on veut
parvenir à l’universalité des soins du VIH, car les PVVIH et les personnes affectées
subissent à la fois la maladie elle-même et la stigmatisation qui l’entoure.
En Mauritanie, la JMS 2024 a été organisée à Zoueirat en marge du festival des villes
minières, pour en maximiser l’impact. Elle fut l’occasion de sensibiliser les leaders
d’opinion régionaux et d’organiser avec les OSC locales des activités de prévention
en direction des miniers, notamment les orpailleurs.
Des ateliers visant une meilleure prise en compte des droits humains liés au Sida chez
les populations et groupes vulnérables ont été organisés au profit des éléments des
forces de l’ordre, du personnel de la justice, du SENLS, des représentants de la société
civile, des partenaires et autres acteurs dont des PVVIH.
Ces ateliers ont permis également aux participants de prendre connaissance des
obstacles rencontrés par les acteurs de la lutte contre le Sida, ainsi que par les PVVIH
et les PC dans le droit à l’information sanitaire pour la prévention et aux soins.